1) Les pratiques à mettre en place

a) La disponibilité

Pour bien suivre les personnes qui cohabitent, la disponibilité est un des indispensables et il est préconisé de clarifier votre calendrier et la communication souhaitée. Par exemple : vous êtes joignable de 09h à 19h30 du lundi au vendredi et en cas d’urgence le weekend, ou vous préférez l’échange téléphonique plutôt que par mail, etc...

b) La sensibilisation

L’inscription dans un dispositif d’hébergement citoyen est une démarche volontaire. Il est important d’évaluer finement : les motivations, la pertinence des candidatures, et la capacité de projection des futurs bénéficiaires dans un projet de cohabitation. Pour cela, les opérateurs mènent un travail de communication et de sensibilisation sur les tenants et aboutissants de l’hébergement citoyen dans le cadre d’entretiens de préadmission auprès des futurs accueillants et accueillis. L’enjeu de ces entretiens est de permettre aux candidats de prendre conscience de leur capacité ou non à intégrer un tel programme. Auprès des futurs accueillis notamment, un véritable travail d’information doit être mené en insistant sur les atouts et contraintes liés à la cohabitation (respect de l’intimité de chacun, règle de vie commune, espaces collectifs partagés…). Les grands principes tels que l’échange interculturel et l’entraide mutuelle sont rappelés (repas partagés, moments collectifs). Pour les foyers accueillants, un travail de sensibilisation doit être mené sur les conséquences d’un tel accueil sur la cellule familiale : l’ensemble du ménage doit être partie prenante du projet, au risque de créer un déséquilibre entre les différents membres.

2) La posture

Globalement, l’hébergement citoyen et la cohabitation impliquent à chacun d’ouvrir une part de son intimité, il est donc important de pouvoir être une personne rassurante et présente dans chaque situation. Vous trouverez ici quelques conseils pour assurer son accompagnement :

Être transparent Votre expérience de l’hébergement citoyen est importante, quelle qu’en soit sa teneur. Si votre expérience est jeune, partagez-la.

Anticiper les questions Ne pas hésiter à parler du négatif dans l’hébergement citoyen car même si la majorité des hébergements se déroulent bien, il reste possible que certaines cohabitations se passent moins bien : montrer que nous savons réagir en cas de problème rassure, c’est une force de la partager !

3) La définition des rôles de chacun

Définition des rôles

Un hébergement citoyen est synonyme de faire face à la grande précarité et les problèmes qu’elle inclut (un parcours de réinsertion sinueux, des démarches administratives complexes, des problèmes financiers, etc...), il est donc important que les rôles soient bien définis en amont du processus et clairs pour tous afin d’éviter de créer des charges supplémentaires à chacun.

Les référents du suivi de l’hébergement Vous pouvez définir une personne référente au suivi d’un hébergement au sein de votre structure. En effet, la personne à héberger et l’hébergeur doivent pouvoir se reposer sur une personne à contacter et se sentir en confiance. Si l’interlocuteur change régulièrement, l’hébergement peut s’avérer difficile à suivre et couper le lien avec les parties. Si la personne est déjà suivi socialement par un professionnel ou travailleur social, ne vous positionnez pas dans ce rôle, cela pourrait à l’inverse freiner des démarches ou rendre un parcours de réinsertion plus complexe. L’orientation vers les structures adaptées restera votre force dans votre accompagnement.

L’hébergeur Il est important de sensibiliser l’hébergeur à son rôle dans une cohabitation. Il peut être parfois compliqué pour la personne de faire la part des choses entre l’accueil et le suivi social, l’hébergeur ne doit pas porter les problèmes administratifs ou financiers de la personne à héberger ou se tenir dans une posture d’accompagnement (social par exemple). C’est une charge mentale qui doit rester propre au rôle d’un travailleur social (former à l’accompagnement social) ou à vous en tant que structure d’accompagnement. Vous pouvez lui fournir ce kit de l’hébergeur citoyen qui explique, entre autres, la posture d’orientation à tenir dans certaines situations.

La personne hébergée Une personne hébergée chez un citoyen peut se sentir le devoir d’accepter chaque proposition qui lui est faite, sans pour autant un réel consentement. Or, être hébergé par un citoyen implique une validation de l’hébergeur des conditions d’accueil, la personne peut donc être rassurée à l’idée de communiquer également lorsque les choses ne lui conviennent pas. Son rôle est donc précisément d’être le plus clair possible sur sa situation afin de pouvoir communiquer aisément.

<aside> 💻 VI - Merci pour l’invit’, la plateforme de gestion des hébergements

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